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vendredi, 19 mai 2017

Prise de fonction : le spectacle continue symbolique encore et toujours

Le 14 Mai est passé et vous avez pu vous faire une idée de la personnalité de celui qui désormais doit nous représenter et qui est en charge d’exécuter la volonté du peuple français, cette volonté devant être réellement exprimée dans l’élection de nos députés.

Et si je parle de personnalité c’est à dessein !

D’abord, nous savions qu’il était un amateur de théâtre ! Et c’est bien à l’intronisation d’un acteur que nous avons pu assister : la gestuelle, la musique, les yeux fermés à nouveau, la solennité de la marche « de l’empereur » (voir précédents billets) ou la majesté du Roi (rouge) comme vient de satiriser la presse anglaise !

Ne jamais oublier cet aspect de la personnalité : c’est un acteur ! où donc sera le vrai, l’apparence, la séduction, ce sera bien à nous d’analyser celui qui nous parle. La séduction, oui ; car il en a lui-même bien parlé à son propos et dans le cadre de son métier de banquier d’affaire : mon métier, c’est de séduire pour amener le client où je veux le faire aller ! A nous citoyens de ne pas nous laisser mener par le bout du nez !

Un autre côté de celui qu’il est et qui l’a porté là où il est : c’est ce qu’il nous a offert comme symbole de l’exercice de son pouvoir : les attributs du chef de guerre en remontant les Champs Elysées dans ce véhicule de l’armée ; mais trop grand pour lui : n’est pas De Gaulle qui veut ! Et cependant cette parade ne manque pas d’interroger !

Et nous n’avons pas eu longtemps à attendre pour répondre à cette interrogation : dans la même semaine, la première semaine :

-          L’interdiction faite aux ministres de parler aux journalistes après le premier conseil des ministres et les procédures mises en œuvre pour qu’il n’y ait pas ce contact : or le gouvernement d’un pays, en démocratie, se fait au nom du peuple ; il a donc le droit, ce peuple, de savoir ce que font et décident ses gouvernants ; la presse est le pilier sans lequel il n’y a pas de démocratie, parce que la presse libre est, en démocratie, la garantie du droit à l’information ! Macron pense que nous sommes ignares en la matière et qu’il va pouvoir nous berner ! NON ! On peut vouloir réformer, et il est sans doute utile de « réformer » mais toucher d’entrée de jeu aux fondements de la démocratie : NON ! J’y reviendrai car ceci n’est pas innocent dans « la gouvernance » que Macron veut mettre en place !

-          Toujours à propos de la presse, et le lendemain de ce premier conseil des ministres il renouvelle son « attentat » à la liberté de la presse : en effet, il a décidé de choisir les journalistes qui avaient le droit de couvrir un déplacement, tel que celui du Mali, ou tout autre déplacement avec des thèmes ; tant que les rédactions                                                   écrites radio ou télé ont immédiatement réagi en lui adressant un appel public pour rappeler l’indépendance de la presse en démocratie ! Ajoutant « aucun de vos prédécesseurs ne s’est prêté à ce genre de système, au nom du respect de la liberté de la presse. Alors que la défiance pèse de plus en plus sur l’information, choisir celui ou celle qui rendra compte de vos déplacements ajoute à la confusion entre communication et journalisme, et nuit à la démocratie » !

-          Le jeudi 18 mai un conseil municipal s’est déroulé à BURE (lieu prévu d’enfouissement des déchets nucléaires et contesté) sous protection d’un cordon de CRS ! Devait s’y décider la vente d’un terrain pour cet enfouissement possible ; la précédente délibération avait eu lieu à 6h du matin avec une convocation en urgence des conseillers, sans respect des délais légaux : cette délibération venant d’être annulée par la justice, une nouvelle était nécessaire ; mais les nouvelles conditions devraient la rendre tout aussi illégale ! Bon courage Mr HULOT !

-          Sans parler des exclusions subito presto des référents du mouvement « en Marche » candidats aux législatives ! Le canard enchaîné vient de faire état d’ailleurs d’un mouvement de dissidence dans ce mouvement que le nouveau monarque voudrait entièrement à ses ordres !

Passons aux choses encore plus sérieuses si cela est possible d’être plus sérieux que ce qui précède.

Je vais d’abord faire le bilan Macron que nous connaissons tous : l’ubérisation de la société, (taxi, livraisons, cars), la mise en concurrence chez les notaires , soit disant mise en concurrence pour pouvoir faire baisser les tarifs et permettre aux jeunes de s’installer : résultat : le décret d’application a permis que les études déjà prospères créent de nouvelles structures et elles ont été considérées « comme étant jeunes », donc ont pu ouvrir et accaparer encore un peu plus le marché et les honoraires ont grimpé ! Le travail du dimanche ; avec un effet sur notre espace communautaire, puisque l’intercommunalité a pris une délibération pour que par exemple les grandes surfaces du canton puissent ouvrir le dimanche toute la journée ; ce qui n’a pas tardé à être fait ! Puis c’est la réforme des prud’hommes entrée en vigueur en août dernier ; pas la limitation des indemnités ; mais la procédure qui a été remise en cause et qui pénalise gravement les salariés qui avaient jusque-là pouvaient facilement faire trancher un litige qui l’opposait à son employeur. Depuis août, cette procédure profondément remaniée va conduire et conduit déjà à ce que ce ne soit plus possible tant il y aura des frais à engager : procédure entièrement écrite, donc frais de paperasse impensables ; appel pratiquement inabordable puisque avocat, huissier et avoué sont pratiquement devenus obligatoires si on ne veut pas faire d’erreur de procédure qui d’entrée pourrait stopper net le procès d’appel !

Voilà le bilan du ministre Macron !

Maintenant, ce qu’il vise immédiatement c’est la fragmentation de toute la société française ! c’est, à travers sa cuisine politicienne non pas moderne mais qui sent la rance, réussir à faire exploser ce qui est aussi un autre fondement de la démocratie : la présence des partis politiques qui sont également un autre moyen d’expression d’opinions différentes du peuple d’un pays tel que le nôtre ! On ne joue jamais impunément à ce jeu de massacre qui est en train de se dérouler devant nous comme si nos opinions personnelles n’existaient pas, ou n’avaient pas le droit d’être représentées par des députés,  comme s’il n’y avait plus d’idées de gauche, du centre, du milieu de droite, d’anarchie, d’extrême : comme s’il nous était enjoint de « suivre le chef ou mourir » « marcher ou crèver »

Sur un billet ultérieur je développerai le fond du programme qu’il nous a annoncé et qui va poursuivre sa volonté de faire tout exploser, comme si nous devions être ou devenir « des allemands, comme on nous le demande depuis des décennies maintenant » : mais avons-nous oublié que la génération précédente s’est battue, a compté ses morts, pour rester le peuple français ! Angela vaincrait par la soumission de nos politiciens à ses volontés et aux volontés du capitalisme tout puissant et mondial ?

En effet, je veux revenir sur les révélations d’internet dans la nuit du vendredi au samedi avant le deuxième tour concernant notamment sa campagne. La presse a hurlé comme des vierges effarouchées ; puis certains journalistes notamment ceux de Libération ont daigné quand même y regarder un peu plus près ; mais l’élection était passée ! Et ils nous disent ceci : les mails ou autres documents confirment bien le rôle des puissants (banques françaises et étrangères, start up, entreprises LVMH et autres dans le financement de sa campagne, du type financement américain : diners réunions privées passage du messie chéquier à sortir ; et comme 7 500€ par personne est le maximum, on a fait ça sur 2 ans) ! Hamon avait bien raison de nous mettre la puce à l’oreille en lui demandant de nous dire qui l’avait soutenu financièrement ! Et ça continue après l’élection : en effet, vous avez tous entendu le ridicule de l’information sur le prix de son costume d’intronisation : 450€ (sans doute payé par nous sinon quel serait l’intérêt) ; puis innocemment il nous est précisé que Madame était habillée par LVMH avec des vêtements prêtés ! Ça va se rendre comment ? C’est ça qui nous intéresse !

Donc nous savons de qui il est l’élu : pas moi, pas vous mais ces puissants qui se cachent de moins en moins !

Mais il semblerait que nous ne soyons pas si dupes que cela : première côte de popularité : 45/46% pour lui, 38% pour le premier ministre : les plus mauvais débuts d’un président et d’un premier ministre dans la Vème République !

 

 

jeudi, 11 mai 2017

L'Après des Elections Présidentielles !

 

Pour être bien au clair sur le résultat :

Compte tenu du niveau de l’abstention :

-          Macron : 49,31% du corps électoral dans son entier : donc minoritaire !

-          Le Pen : 25,29% de ce même corps électoral

-          Le cumul des abstentionnistes et des bulletins blancs ou nuls : 36,7 du corps électoral : deuxième parti de France pour ces élections !

En commentaire : Si l’on tient compte du vote utile et de peur qui s’est porté sur Macron, il est bien en deçà de ces 49,31% ; ce qui devrait le rendre prudent ! Mais au vu de ces déclarations, de ces écrits, de son orgueil, ce ne doit pas être le genre dans sa maison !

Voilà pourquoi d’entrée de jeu il a prévenu : le parlement je vais limiter son activité législative à 3 mois, le reste du temps il contrôlera. Et je vais me rendre les mains libres en utilisant les ordonnances.

Devant Le Pen, lors du débat, il a voulu nous rassurer et nous faire gober que le parlement aurait son rôle déterminant quant à ces ordonnances. Depuis plusieurs de ces lieutenants dont Mr FERRAND son porte-parole vont disant la même contre vérité ; pourtant Mr FERRAND est un député socialiste sortant, il devrait savoir qu’il débite un gros bobard. Je vais les prendre en flagrant délit de mensonge, et afin que nul ne l’ignore voici :

TEXTE de l’article constitutionnel : « Le gouvernement peut, pour l’exécution de son programme, demander au parlement l’autorisation de prendre par ordonnances, pendant un délai limité, des mesures qui sont normalement du domaine de la loi.
Les ordonnances sont prises en Conseil des ministres après avis du Conseil d’état. Elles entrent en vigueur dès leur publication mais deviennent caduques si le projet de loi de ratification n’est pas déposé devant le Parlement avant la date fixée par la loi d’habilitation. Elles ne peuvent être ratifiées que de manière expresse.
A l’expiration du délai mentionné au premier alinéa du présent article, les ordonnances ne peuvent plus être modifiées que par la loi dans les matières qui sont du domaine législatif » article 38 de la constitution.

Les ordonnances permettent donc au gouvernement d’intervenir dans des domaines normalement réservés au pouvoir législatif que détiennent Députés et Sénateurs et dont l’étendue est fixée par l’article 34 de la constitution.
Des conditions strictes sont imposées sur le plan procédural. Le Gouvernement doit déposer sur le bureau des Assemblées un projet de loi d’habilitation qui vaudra autorisation de légiférer à la place du Parlement une fois adopté. Doivent seulement figurer les motifs ayant conduit à l’utilisation des ordonnances, le programme envisagé ainsi que deux délais. Le premier est dit « délai d’habilitation » : il fixe les bornes de la période pendant laquelle le gouvernement, pouvoir exécutif, va pouvoir édicter des ordonnances. La constitution n’impose pas de limite mais indique tout de même qu’il doit être « raisonnable ». En pratique, il est généralement de trois à six mois. Le second délai définit la période au cours de laquelle devra intervenir le dépôt d’un projet de loi de ratification par le Gouvernement auprès du bureau des Assemblées. La ratification aura lieu lorsque le Parlement adoptera ce projet de loi ou tout autre texte prévoyant expressément la ratification de l’ordonnance.
Les projets d’ordonnances sont délibérées en Conseil des Ministres et ils sont soumis au contrôle du Conseil d’Etat agissant en qualité de conseiller juridique du Gouvernement.  Le Conseil d'Etat vérifie la conformité de l’ordonnance par rapport à la loi d’habilitation, aux conventions internationales et à la constitution est ainsi vérifiée.
Une fois l’ordonnance signée de la main du premier ministre et du président de la République, elle acquiert une valeur réglementaire et peut donc, par conséquent, être attaquée devant le Conseil d’Etat par un recours pour excès de pouvoir.
Lors de la première cohabitation, Mr Mitterrand avait estimé qu’il était en droit de refuser de signer une ordonnance. Ce droit ne lui avait pas été contesté par le Gouvernement de Chirac, qui s’était rabattu devant le Parlement en urgence conformément à la procédure législative normale.

 

Donc bien enregistrer que gouverner par ordonnances c’est contrevenir au fonctionnement normal de la République : un pouvoir législatif (faire la loi) au nom du peuple, dont le Parlement est le dépositaire, un pouvoir exécutif (appliquer la loi par respect de la volonté du peuple) dont le gouvernement est le dépositaire.

Commencer un quinquennat, sur des sujets aussi chauds en contrevenant au fonctionnement normal de la République voilà qui promet !
Vous pouvez donc aussi vous rendre compte que contrairement à ce que déclare les « marcheurs, chef en tête », le Parlement est bien écarté des débats sur le contenu des ordonnances. Or le débat, c’est-à-dire, la confrontation des idées sur un sujet donné, donc le respect du droit d’expression de ses idées, est le fondement premier de la démocratie. Donc gouverner par ordonnances c’est nier, c’est attenter à la démocratie.

Le corps électoral a donc bien saisi ce qui était en train de se passer, et a choisi de , finalement, accorder un vote tout à fait relatif puisque minoritaire, à ce nouveau président.

 

Et dès le deuxième tour au soir, on a vu effectivement qu’on était loin de la République ! Je ne parle pas du lieu, je parle de la gouvernance ! Le lieu est cependant symbolique de cette nouvelle gouvernance qui est en train de nous tomber dessus. Pas la République donc, mais le Louvre et sa Pyramide (d’où le quolibet qui n’a pas tardé Toutenmacron !) ! Oui le Louvre ! résidence des Rois de France, Henri IV n’y est pas étranger, Bayrou a dû apprécier ! Louis XVI, a lui aussi connu les lieux, pour y connaître ce que réservait le gouvernement de la Révolution à sa destinée : c’est là que les décisions de « couper les têtes de la famille royale » ont été prises. Donc exit la monarchie ! Ça fait plus de 200 ans que ça dure ! Eh bien, bonnes gens qu’avez-vous découvert en cette soirée du 7 mai 2017 : La famille royale au grand complet monter sur l’estrade, non pas pour avoir la tête coupée, mais pour s’exhiber, faire voir qu’elle était grande, magnifique, soudée, jeune ! Ne manquaient que les vieux de la famille ; par exemple les parents du Président ! Mais ce n’était pas cela qui était donné à voir : c’était combien le pouvoir allait s’exercer, et symptomatiquement et symboliquement comment il allait s’exercer ! En majesté, en toute puissance, et pour longtemps si possible !

Mais ce nouveau roi , nous a dit qu’il allait « nous servir » : quoi ; une plus forte austérité pour les pauvres hères  et un libéralisme effréné pour les puissants ; par ordonnances point de gêne !

Mais ce nouveau roi, nous a dit qu’il allait nous « protéger » : comme si nous étions ses sujets, comme si nous ne savions pas de quoi devait être faite notre « protection » : et là nous savons déjà que nous allons devoir nous opposer aux ordonnances, si nous voulons que le gouvernement respecte nos droits à toutes les protections que toute dignité humaine réclame ! Et en cela encore et toujours ce sera notre devoir si nous voulons donner un avenir à notre jeunesse qui ressemblera à ce dont nous avons bénéficié !

 

Et de la même façon que le candidat a usé de méthodes mystiques, médiatiques pour nous séduire afin d'obtenir le résultat qui a été le sien, il montre déjà que les vieilles ficelles il les connait. Il sait qu’il doit obtenir une majorité de députés s’il veut obtenir la loi d’habilitation pour agir par ordonnances : il lui faut donc utiliser les vieux stratagèmes des vieux partis ; défroquer députés PS et LR ; leur demander de s’inscrire sur la référence, non, la marque, En Marche pour obtenir les financements publics ; respecter la discipline de vote : même méthode que Mélenchon vis-à-vis du PC ! Il connaît aussi comment se construisent les dynasties, puisque est investie une des filles de Brigitte ! Thiphaine Auzière elle s’appelle ! investie dans la 4ème du Nord-Pas- de- Calais ! Et enfin le  fin du fin : on ne veut pas de Valls, puis d’autres LR, mais on ne va surtout pas les contrer, les gêner en leur mettant en face un candidat En Marche ! Il nous prend pour des c.. déjà !

Et pour couronner le tout : Dès 20h le 7 mai, le ministre allemand de l’intérieur le félicitait et écrivait : il va falloir aider le nouveau président à effectuer les réformes dont la France a besoin ! Moscovici nous rappelle à nos devoirs d’engagement de réduction des déficits ! Quant aux réformes européennes que le candidat disait pouvoir obtenir de Angela, ce n’est pas d’actualité nous a-t-on fait savoir. Et comme Hollande l’avait fait au soir de son intronisation, le 15 mai 2012, Macron se rendra pour courber l’échine de la France devant Angela dès son investiture ! La boucle est bouclée.

 

Il nous revient donc à nouveau de bien réfléchir à ce que nous voulons pour notre avenir, pour notre société, on continue comme depuis des décennies, et Le FN a de beaux jours devant lui ; ou on se retrousse les manches et on fait entendre notre voix avec tous ces intellectuels, tous ces économistes, tous ces prix Nobels, tous ces sociologues qui nous disent que nous sommes au bord du gouffre, tout au bord, prêts à nous fracasser socialement parlant, tous ces syndicats qui disent la détresse des ouvriers, des agriculteurs, des uberisés, des jeunes étudiants qui n’en peuvent plus des efforts qu’ils doivent produire pour essayer d’avoir un avenir, et on exige d’être entendus ?

Les réponses à ces questions ; c’est au niveau des législatives que ça se passe ! Et cela va demander d’ici le 18 juin toute notre attention, toute notre vigilance, toute notre responsabilité !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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